À ÉCOUTER ceux qui l'ont côtoyé, il semble que Baptiste Aloé soit le garçon rêvé pour toute mère qui cherche à marier sa fille. À vingt ans, le jeune homme est, de l'avis général, « travailleur », « généreux », « humble », « intelligent » et « très bien élevé ».
On attendait Baptiste ALOE dans ce match. Il a tenu ses promesses et même au-delà. C'est lui qui a failli ouvrir le score sur une tête sur la barre. Défensivement, il a tenu son poste. S'il a une petite responsabilité sur le 1er but, en se faisant effacer trop vite, il a gagné beaucoup de duels. Il n'a perdu de ballons en relance. C'est un joueur que l'on a envi de revoir très vite.
Arrêtons de dire que Bielsa fait jouer ALOE pour ne pas faire jouer Doria parce qu'il ne la pas choisi! Qu'en savent les commentateurs, ils ne les on pas vu à l'entraînement.
Voilà ce que l'on dit sur lui...
Mais le gendre idéal est surtout un défenseur central à l'aube de sa carrière et, tout à l'heure, il vivra son premier grand soir : une titularisation en Championnat contre Bordeaux."Pipeautage" de l'EQUIPE
Le choix de Marcelo Bielsa pourrait paraître audacieux, mais l'Argentin a son petit caractère. Devant les suspensions (Nkoulou et Romao) et les blessures (Morel), l'éventail des possibilités en défense centrale s'est fermé d'un coup. Bielsa aurait pu lancer Doria, évidemment, mais puisqu'il n'en voulait pas cet été, et puisque son président l'a acheté quand même, »El Loco » semble en faire une question de principe. Du coup, voilà Aloé promu dans la hiérarchie. Irréprochable à l'entraînement depuis le début de la saison, buteur la semaine dernière en amical contre l'Espanyol Barcelone (1-2), le gamin de La Ciotat ne sort pas de nulle part, non plus.
Il a rejoint l'OM en poussins avant de grandir au centre de formation, au fil d'un parcours sans écart, sur le terrain comme à l'école. En juin 2013, il décroche son bac S et frôle la mention, avec ses 11,23 de moyenne ; quelques mois plus tôt, en octobre 2012, il avait débuté son premier match avec les pros, en Ligue Europa, contre Limassol.
BAUP : « CE N'EST PEUT-ÊTRE PAS VARANE, MAIS... »
« C'est le genre de joueur que tu rêves d'avoir quand tu es formateur, témoigne Élie Baup, l'entraîneur qui l'a lancé. Question mentalité, il n'y a pas mieux. » L'ancien coach de l'OM décrit un joueur d'abord fait pour défendre, « bon pour lire les trajectoires, et qui devait travailler dans les relances, les sorties de balle ». José Anigo voit au-delà de sa mèche : « Sous ses apparences de blondinet et de fils de bonne famille se cache un vrai combattant. Il est capable d'aller mettre la tête là où d'autres n'oseraient pas mettre le pied. »Le joueur, qui a attendu pendant des mois qu'on lui tende un premier contrat professionnel, a eu l'occasion de se forger un mental. « En juin 2013, il lui restait un an de contrat stagiaire mais comme il avait un super comportement, il devait signer pro, raconte Christophe Hutteau, son agent à l'époque. Le président l'avait promis. Mais les promesses n'ont pas été tenues. Baptiste ne comprenait pas la situation et a décidé d'écouter d'autres personnes. Je constate qu'il a signé pro ensuite. »
Aujourd'hui, Aloé est conseillé par Jean-Christophe Cano, qui balaye les sous-entendus : « Il a signé pro à la fin de son contrat stagiaire, en juillet 2014, et cela me semble assez logique. Il n'y a rien d'autre à dire. C'est un garçon très à l'écoute, qui progresse constamment. Ce match, c'est une super opportunité que lui donne Bielsa, et une récompense pour son travail. »
Le train n'est pas passé aussi vite qu'il aurait voulu, donc, mais il est encore temps de se faire une place. Si, cet été, son entourage évoquait la possibilité d'un prêt, le joueur y pense moins, aujourd'hui. « Je suis content pour lui, parce que ç'a toujours été un bosseur, se réjouit son ex-coéquipier Rafidine Abdullah. Pour moi, au collège, c'était un exemple à suivre. Aujourd'hui son travail paie. »
Demain, il faudra tenter d'enchaîner les matches et Baup est confiant : « S'il procède par étapes, il peut devenir une valeur très sûre. Ce n'est peut-être pas Varane, mais on peut le comparer à Koscielny. Il y a des similitudes. Le parcours, le sérieux, l'intelligence de jeu. » Il y a pire modèle à suivre.
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